IRONMAN de NICE

IRONMAN FRANCE NICE 2019

Objectif ultime de ma vie de triathlète ! Voilà maintenant 6 ans que j’ai débuté le triathlon, avec quelque part dans un coin de ma tête ce rêve un peu fou de participer peut-être un jour à un Ironman. Bien sûr, dès mes débuts, j’ai su que cela ne serait pas si simple. Le morceau course à pied, à l’époque, me paraît insurmontable ! Un marathon sec aussi… Je décide donc de procéder par étape et de me forger un physique de runner. Le marathon sera la première étape de cette longue préparation avec mes participations au marathon de Metz couru en 2h58 (la barrière psychologique est passée) puis la confirmation à Reims, l’année suivante, avec un PR en 2h56 sur un parcours plus difficile (avec une belle gestion de l’effort). C’est sûr, je suis prêt à affronter le mythe et ça sera pour l’année de mes 40 ans à Nice. Maxime, désireux de s’y frotter aussi, décide de se lancer dans l’aventure avec moi. Sa préparation aura duré plus de 6 mois pour tenter d’arriver en forme le jour J. Beaucoup d’investissement personnel durant cette période avec des semaines à près de 30h d’entraînement et des enchaînements allant jusqu’à 8h !

 

Le jour J, la pression est palpable sur tous les visages et nous n’en menons pas large face à ces 2800 furieux pressés d’en découdre. Fort heureusement, le rolling start (départ 5 par 5 toutes les 5sec) contribue à préserver une bonne qualité de nage. Le placement au départ se fait à sa guise selon le sas du temps estimatif pour les 3800m. Max décide de partir dans le sas 1h10, je choisis de partir avec lui même si ce temps pour moi paraît ambitieux. Qui ne tente rien n’a rien ! Pour Max ça sera une super natation en 1h09. Pour moi ça sera plus compliqué, brûlures dans le cou, mal de mer… pas un grand moment de sport. C’est 1h15 à la sortie de l’eau. Déçu ! Mais, pour moi la course peut commencer. La transition est rapide et le début du vélo vent de dos aussi, jusqu’au 20ème km où la route s’élève ! Je roule à mon allure et je remonte pas mal de monde. Pas de trace de Max pour le moment. Au pied du col de l’Ecre (la difficulté du jour 17km à 5%) je vois mes supporters et demande des nouvelles de Max, qui visiblement est derrière.

Je l’ai doublé dans la descente avant le col sans le voir. La première partie du col est ombragée, la pente est régulière. La seconde partie est en plein soleil, et je me félicite d’avoir opter pour le casque classique plus ventilé que l’aéro. Au sommet, je bénéficie de mon ravito perso. Deux bidons que j’avais congelé et placé dans un sac isotherme. Quel plaisir de retrouver de la boisson fraîche à ce moment de la course ! Je me ravitaille correctement et m’arrose abondamment à chaque ravito. La deuxième partie du parcours est plus roulante voire à profil descendant. Sortie de l’eau au delà de la 1500ème place, j’intègre le top 200 au moment de poser le vélo. Max quant à lui connait quelques déboires avec des vomissements à répétition dès le 30ème km.

Il pose le vélo après 6h30 d’effort, mais ne peut plus rien avaler. La suite s’annonce compliquée. Il décide malgré tout de se lancer sur le marathon qui a été réduit à 30km en raison de la canicule sévissant sur Nice depuis une semaine.

Pour ma part, le début de la CAP se fait dans la souffrance. Je laisse passer l’orage pour au premier demi tour retrouver une allure correcte. Sur le retour je suis sensé récupérer mon ravito perso, mais les bénévoles ne trouveront jamais mon sac. Bon, les ravitos sont proches, ça devrait le faire ! Au début du deuxième tour j’ai retrouvé un bon rythme aux alentours de 4’50/km mais je m’arrête 5 à 10″ à toutes les douches (6 par tour) pour bien faire redescendre la température corporelle et commence à marcher au ravito sur quelques mètres pour récupérer et encore m’asperger.

Toutes les occasions sont bonnes pour se refroidir sous ce cagnard (34°C à l’ombre ! Sauf que de l’ombre sur la promenade des anglais, il n’y en a pas !). Je vois Max sur le bord de la route ! Il aura tenu 2km sur la course à pied. Ces problèmes gastriques auront eu raison de lui. J’entame le troisième tour et ça sent bon car jusque là tout va bien, j’arrive toujours à m’alimenter, une gorgée de Pom’potes avant chaque ravito. Mais au dernier demi-tour les maux gastriques me rattrapent. Il reste encore 5 km et là plus possible de manger ni boire. Alors, je réduis la voilure pour finir en mode économie d’énergie. Je marche un peu plus longtemps sur chaque ravito, pour m’arroser encore et me fixe comme objectif le prochain, puis la douche et enfin au loin la voix du speaker. Il reste 2 kms. A ce moment, je pense à une distance que j’ai bien en tête à la maison, le retour du plan d’eau. Qu’est ce que c’est ? Et enfin la ligne d’arrivée, franchie en 8h59. Ce temps ne pourra pas réellement servir de référence en raison de la réduction des parcours vélo à 152km et CAP à 30km. Mais clairement il a fallu adapter ces allures à la baisse pour gérer la chaleur et venir à bout de cet Ironman.

Fred

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